Little Dragon

Little Dragon

Certains groupes correspondent à leur étiquette. Ce n’est pas le cas de Little Dragon. Yukimi Nagano, Erik Boden, Fred Walin et Håkan Wirenstrand produisent un mélange de R&B, electro, pop, jazz et dance qui repose sur une voix unique en son genre et le sens mélodique particulièrement développé de leur chanteuse. Plus audacieux encore que “Ritual Union”, troisième album paru en 2011, “Nabuma Rubberband” témoigne de cette constante évolution.

Yukimi, Erik et Fred se sont rencontrés à l’école au milieu des années 90, mais ce n’est que lorsque Håkan, un obsédé des synthés, les a rejoints en 2000, que leurs démos ont vraiment pris forme. Selon Erik, le groupe est arrivé au bon moment, et a donné à chaque membre un but et une raison d’être : “Trois ou quatre ans avant que Little Dragon existe, j’ai dit à Yukimi qu’elle était si talentueuse que je devais faire un groupe avec elle. On recherchait des sensations plus fortes, on voulait écrire des chansons et faire quelque chose d’original.”

Cette originalité tient également au fait que chaque membre apporte sa propre pierre à l‘édifice, qu’il s’agisse du chant particulier de Yukimi et de ses paroles envoûtantes, de la passion de Fred pour la culture electro ou du talent d’Erik avec les machines. Et puis, il y a l’énigme Håkan. “Lorsqu’il est arrivé, il nous a tous influencés, se souvient Yukimi. Il était fou de Kraftwerk, Depeche Mode, de Jean-Michel Jarre et des synthés, des trucs de geeks. Ça nous a ouvert l’esprit.” C’est apparu évident dès 2007, sur ce premier album éponyme qui comporte le premier single “Twice”. En Suède, on s’est méfié de ce son inédit, mais le morceau fait son chemin jusqu’en Amérique et permis à Little Dragon de donner des concerts à Los Angeles avant d’avoir joué une seule fois dans son pays d’origine. “Machine Dreams”, en 2009, sera prétexte à adopter un son plus électronique. Il attirera l’oreille de Damon Albarn qui proposera au groupe d’intervenir sur “Plastic Beach”, de Gorillaz, et d’assurer la première partie de sa tournée mondiale.

Little Dragon participe ensuite au projet Maximum Baloon de Dave Sitek, travaille avec SBTRKT sur son album éponyme en 2011, et apparaît sur l’album “Vicious Lies and Dangerous Rumours” de Big Boi l’année suivante.

Ecrit sur la route et enregistré entre les festivals et les dates de la tournée avec Gorillaz, “Ritual Union” a entériné la réputation expérimentale du groupe. L’album est rentré dans les charts mondiaux et a exposé Little Dragon à un public plus conséquent. La formation a ensuite souhaité faire un break. C’est dans ce contexte plus détendu que “Nabuma Rubberband” (d’après le titre de travail d’un morceau inspiré à Erik par un ami proche) a commencé à prendre forme. Avoir la possibilité d’enregistrer dans le studio qu’il a construit à Gothenburg a aussi beaucoup aidé Little Dragon.

“Nabuma Rubberband” puise sont inspiration dans les titres les plus expérimentaux de Prince, la culture club et des morceaux lents de Janet Jackson que Yukimi a écoutés en boucle : “Après ‘Twice’, on avait un peu peur des titres lents, explique Yukimi. Avec ‘Machine Dreams’ et ‘Ritual Union’, on s’est tournés vers la musique de club, mais cette fois, notre démarche a été différente : on a tenu à faire ce qui nous parlait le plus. C’est aussi le premier hiver qu’on a passé enfermés à la maison depuis très longtemps. Que tu le veuilles ou non, ça affecte ton esprit, ton corps et ce que tu dégages.”

Les titres les plus glacés sont représentés par la splendide intraveineuse qu’est “Pink Cloud”, et le premier de l’album, le très noir “Mirror” (coécrit par Dave de De La Soul) qui s’achève par ces mots : “Tu vas me faire passer mon poing à travers le miroir/ Regarde comme tu me rends triste”.C’est un des morceaux préférés de Yukimi : “J’aime ce qui est différent et suis attirée par les morceaux auxquels je ne m’attends pas.” Le délicat “Pretty Girls” et le titre éponyme comportent des cordes. C’est la première fois que le groupe fait appel à des musiciens extérieurs. Inspiré par l’honnêteté des textes de Frank Ocean, “Nabuma Rubberband” contient aussi certaines des paroles les plus directes de Yukimi, notamment celles de l’incroyable “Paris” : “Une partie de moi s’éloigne avec toi et ne reviendra jamais.”

Les morceaux qui font taper du pied sur l’album sont le gargantuesque “Killing Me”, le très house “Only One”, et le puissant “Klapp Klapp” qui débute par une intro jazzy à la contrebasse avant de disparaître sous un orage électronique à faire exploser le cœur.

Alors, peut-on expliquer le son de Little Dragon avec des mots ? Voilà ce que Erik propose : “C’est lustré, mais pas hyper précis. Comme une image un peu floue. Mais brillante à la fois. Une sorte de flou brillant.

 

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Little Dragon - Live
Various Artists 1/6
  • Full Performance (Live at KEXP)
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    Little Dragon
  • Little Dragon's performance on the BBC Introducing stage at Glastonbury Festival 2014
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  • My Step (Live at Amoeba)
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    Little Dragon
  • Empire Ants feat. Little Dragon (Live on Letterman)
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    Gorillaz
  • Feather (Live)
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    Little Dragon
  • Little Dragon "Constant Surprises" | OFF THE AVENUE CONCERT SERIES E06
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